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©2013-2020 Jacques De Decker 

Mes quatre hommes et moi

  • Saison : 1974-1975

  • Mes quatre hommes et moi  ( Finishing Touches)

  • Auteur : Jean Kerr

  • Adaptation Jacques De Decker

  • Première : le 21 novembre 1974 Théâtre Molière, Bruxelles - Belgique

  • Création : Compagnie des Galeries

  • Mise en scène : Claude Vignot

  • Interprétation : Claude Vignot (Fred Whitten), Stéphane Andrieu (Hughie Cooper), Christiane Lenain (Katy Cooper), Marcel Berteau (Jeff Cooper), Marie-Ghislaine Bernard (Félicia Andrayson), Christian Chéniaux (Kevin Cooper), Olivier Monneret (Steve Cooper) , Myriam Jaumain (Elsie Ketchum)

  • Décor : Jacques Van Nerom

  • Saison : 1984-1985

     

La comédie au féminin singulier

 

Jean Kerr, comme son nom ne l'indique peut être pas, est une femme. Et tout vient de là.

Entendez : toutes les qualités de son œuvre, et de cette pièce en particulier. Mettez une femme au commande d'une comédie, et laissez vous conduire. Rien de ce qu'il nous  est donné de voir d'ordinaire sur une scène de théâtre ne sera plus pareil.

Tout d'abord, au centre de l'action, vous trouverez une femme, une vraie femme, pas une petite gourde, comme les hommes, pour se rassurer , aime les dépeindre, pas une grande coquette, comme les hommes, pour se venger, aime les fustiger. Une femme, avec tout ce que cela suppose de courage, d'intelligence (appelons un chat un chat, et bannissons de notre vocabulaire cette "intuition" que les hommes, bons princes, laissent à leur compagnes, pour se réserver le monopole de la jugeote" de tendresse et d'humour.

Jean Kerr à non seulement fait du personnage central de sa comédie un être vivant, et pas une figure plate, une image à deux dimensions, mais elle l'a entouré de tout ce petit monde qui gravite généralement autour d'une femme et qui est composé d'enfants. Dans le cas de Katy Cooper, il s'agit de trois fils et d'un mari mais ils lui donnent tous les quatre autant de soucis. Elle les appelle, pour les flatter, ses quatre hommes, mais elle n'en pense pas moins. Une famille, c'est aussi, c'est d'abord un couple. Et un couple, même après vingt-trois ans de mariage et trois enfants, ça traverse des passes dangereuses, ça risque de se briser sur un récif, ça évite, de justesse le naufrage.

Surtout  lorsque l'occasion se présente de prendre le large sans équipage. On se dit que la chance, à partir d'un certain âge, n'est plus aussi prodigue, et que l'on ne peut plus se permettre de bouder ses faveurs ...

C'est tout cela que Jean Kerr nous dit, avec le sourire, et avec une grande générosité de cœur.

Ce qui fait tout le charme de sa comédie, c'est que l'auteur ne s'est pas contenté d'échafauder une brillante intrigue et d'aligner les quiproquos en utilisant ses héros comme les rouages de sa machine à faire rire. Ses personnages existent, nous les avons rencontré, ils nous ressemblent, et n'en sont pas moins divertissants pour autant.   Ils ne sont pas seulement la distraction d'un soir, mais demeurent dans la mémoire,  comme des amis dont on a pu partager, quelques heures durant, cette comédie chaque  jour imprévue que l' on appelle la vie.

                                                                               

                                                                                         Jacques De Decker