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  Le Soir-Critique TV - Music-hall 

   Années : 1983-1988-1989-1990

Samedi 25 mars 1989 (119)

 

Chénetier et le «nouveau roman» US

 

Après Claude-Edmonde Magny, après Jacques Cabau et sa Prairie perdue, voici le troisième grand essai français sur le roman américain. Il ne parle ni des titans souvent nobélisés que traitait la première ni des Bellow, Updike, Styron et consorts auprès de qui le second cherchait les nouveaux Monts Rushmore des lettres d'outre-Atlantique, mais d'écrivains beaucoup plus rétifs au classement, au sens à la fois de catégorisation et de conservation des monuments. Marc Chénetier se moque des critères de succès et de notoriété. Peu lui importe que certains auteurs l'emportent au box-office de la librairie, le paramètre l'indiffère. D'une certaine façon, il fait aussi peu de cas de l'audience critique: Joyce Carol Oates, qui pourtant s'inscrit complètement dans la période qu'il traite (de 1960 à nos jours), occupe une très abondante place dans son index, mais pratiquement aucune dans son essai proprement dit. seulement!

 

«Livres Parcours», RTBF 1, 17 h 30. Rediffusion demain à 23 h 05

 


 

Samedi 22 avril 1989 (133)

Une conférence au sommet de l'esprit

 

Garcia Marquez raconte que la révélation de la violence, il l'eut en voyant deux hommes, dans son village de Colombie, en soutenir un autre dont la tête avait été coupée. György Konrad, le grand écrivain hongrois, que son rêve d'enfant était d'aménager un terrain d'aviation à côté de la maison familiale. Jorge Semprun confie que l'injustice sociale lui parut pour la première fois criante ce jour où, à Madrid, il vit un ouvrier tabassé à mort par les sbires de Franco: il avait dix ans. Et George Steiner révèle que son père lui donna à voir, passant sous leurs fenêtres à Paris, les manifestants racistes, en lui disant :«Regarde, c'est l'histoire qui défile»...

 

«Nauwgezet en Wanhopig»: Holl 2, 21 h 57.

 


 

Lundi 24 avril 1989 (134)

 

GRILLES SUR LE GRIL

 

La vingt-sixième n'était donc pas la dernière. Les quatre as qui ont diverti la Walbru - entendez «Wallonie-Bruxelles» - et la Cofra - c'est-à-dire la Communauté française - profondes par leurs vingt-six livraisons d'humour bon enfant n'en sont pas restés là. Ils ont, pour prendre congé, proposé un montage de leurs «chutes» les plus drôles. Cela a donné lieu à un florilège de pataquès, à un enfilage de fous rires qui témoignaient au moins d'une chose: que la bonne humeur régnait sur le plateau du Bonheur d'en face, qu'avant de donner chaud au coeur à des centaines de milliers de spectateurs, les joyeux compères ne s'étaient pas mal amusés, merci.

 

RTBF

 


 

Mercredi 26 avril 1989 (135)

 

GRILLES SUR LE GRIL

 

L'exil serait-il décidément le meilleur stimulant des créateurs? C'est ce que l'on ne pouvait que constater en voyant le dernier Grand Echiquier consacré à Béjart. En pleine forme, le grand Maurice! Manifestement, sa période lausannoise est en plein essor, et lui-même a trouvé au bord de Léman de nouvelles sources d'inspiration. Les extraits de son spectacle du Bicentenaire, que Chancel a distillés au long de la soirée, sont d'excellent augure. Il semble bien que le maître ait trouvé, à propos du thème de circonstance par excellence, une approche nouvelle, qui nous arrache aux sentiers battus, donnant à l'idée de révolution sa vraie dimension contemporaine.

Antenne 2

Samedi 6 mai 1989 (144)

 

La nuit des baladins purs et durs

 

Desarthe, en prince d'Elseneur étourdissant, ferait, c'est sûr, un Molière du meilleur comédien incontestable. Mais Sami Frey, sur son petit vélo, qui égrène les rétrospectives intimes du Je me souviens de Perec? Et Bernard Freyd, qui, sous la direction de Jean-Pierre Vincent, a su être captivant dans le pourtant rébarbatif Faiseur de théâtre de Bernhard? Et Fabrice Luchini, qui, dans sa dramatisation du Voyage au bout de la nuit de Céline, rendrait presque l'infâme docteur Destouches sympathique à ses détracteurs? Et Laurent Terzieff, qui, sous la férule de Delcampe, nous a donné, à Louvain-la-Neuve, avant Paris d'ailleurs, un Henri IV qui a fait date dans les annales?

 

«La troisième nuit des Molières», A 2, 20 h 35.

 


 

Lundi 29 mai 1989 (177)

 

GRILLES SUR LE GRIL

 

A Cannes, lors de la conférence de presse qui suivit la projection de son film Chimère, qui avait été hué durant la projection, elle dut, pour témoigner de sa bonne foi, se lever pour montrer qu'elle portait un enfant. Cela pour répondre à un détracteur qui considérait, en substance, que ses propos sur la maternité étaient de nature à mener l'espèce humaine à sa perte. Durant toute l'épreuve, qui dut lui être une torture, ses mains ne cessaient de dire son angoisse. C'est qu'elle jouait, et elle le savait, sa carrière de cinéaste. Samedi soir, une chaîne allemande diffusait le premier film de Claire Devers, Noir et blanc, celui qui lui avait valu, il y a quatre ans, la «Caméra d'Or». Les jurés ne s'étaient pas trompés: ce récit insolite, mais au réel accent d'authenticité, du rapport entre un jeune comptable, Bruno Frappat, et un masseur noir auquel le lie une amitié étrange qui se cherche son langage, est un film personnel, étrange, d'une grande sûreté de ton, alors qu'il pourrait déraper à tout instant.

 

 

 

Samedi 1er juillet 1989 (197)

 

Tirez pas sur Aznavour !

 

Y s'voyait déjà en haut de l'affiche En dix fois plus gros que n'importe qui son nom s'étalait Il avait vu juste, puisqu'il y est arrivé. A force de larmes, de sueur et de talents inversement proportionnels à sa taille Sur sa plus récente affiche, celle du grand récital qui l'a promené aux quatre coins du monde avec son orchestre et ses choristes, parmi lesquelles la chère Claude Lombard, quelques traits suffisent à dessiner sa silhouette: de grands yeux, des sourcils très noirs, la lippe, l'attitude arquée d'un petit homme tendu dans l'effort. C'est tout Aznavour résumé en quelques coups de pinceau. Plus qu'un artiste: un concept, mais un concept qui vibre, qui n'est chargé que d'émotion, qui n'est animé que par la passion. Sa carrière est une longue marche qui l'a mené au sommet de l'escalier sur lequel il chante, sans orchestre, a cappella, l'Ave Maria qui est l'un des grands moments de son spectacle. Le parcours d'Aznavour est une course d'obstacles remportée avec beaucoup de talent et encore plus d'obstination et de sueur, hantée par le spectre de l'échec - le mythe de l'artiste raté de Je me voyais déjà, l'image la plus cruelle et la plus tendre, avec Limelight, de Chaplin, des vocations qui restent en rade -, aimantée par les signes extérieurs, et tapageurs, de réussite: dans le film de montage de Christian Mesnil, on le voit au volant d'une grosse américaine, la grande et blonde Ulla à ses côtés, qui remonte les boulevards new-yorkais. Chez Chaplin aussi, il est question d'un Roi à New York...

 

«La saga de la chanson française: Charles Aznavour»: RTBF1, 20 h 15.

Jeudi 10 août 1989 (207)

 

Olivier le combattant

 

Dans un art voué à l'éphémère, il est un des rares à laisser une œuvre. Comme Karajan le fit pour la musique, il savait combien il était important que le théâtre, de nos jours, laisse des traces. Il mit tous ses soins à prouver que Shakespeare était le premier scénariste du monde. Et ce soir, il se raconte. Devant les caméras. Dur, le mois de juillet. L'Allemagne a perdu son chef d'orchestre fétiche. La Grande-Bretagne son comédien emblématique. Karajan avait fait briller la grande musique de tous ses feux, Olivier avait exalté le répertoire anglais classique et moderne comme aucun autre homme de théâtre ne l'a fait durant ce siècle. A quarante ans, on le comparait déjà aux acteurs anglais de légende, à Kean, à Garrick. Et il sut, tout compte fait, pas trop mal survivre à cette aura conquise de haute lutte, mais à un âge assez précoce.

 

«Laurence Olivier, une vie», RTBF 1, 22 h 15; la deuxième livraison de cette émission sera diffusée le jeudi 17 août.

 


 

Lundi 14 août 1989 (208)

 

Les lunettes de Marie-France Pisier

 

Elle a d'abord crevé l'écran le nez dans un livre. C'était dans le sketch de Truffaut pour L'Amour à vingt ans, et elle avait une façon craquante de poser ses lunettes sur le bout de son nez. Ses yeux - superbes - n'y perdaient rien, mais ça lui donnait l'air vaguement intello des étudiantes de l'époque, celles qui étaient encore minoritaires dans les facs de lettres et qui menaient les garçons en bateau. Cette image, Marie-France Pisier l'a gardée, même si elle s'est prêtée au glamour d'une carrière esquissée de star made in France exportée aux USA. Parce qu'elle la reflétait tout entière, parce que les livres, c'est son univers parallèle, ce qui l'avait rapprochée de Truffaut d'ailleurs, grand lecteur devant l'Éternel, le cinéaste qui a le mieux su filmer les bouquins dans ses films, confiant à la sauvette ses préférences, comme le Marie Dubois d'Audiberti, ce chef-d'œuvre enfoui, qu'il faudrait exhumer de toute urgence.

 

                     «Chanel solitaire», VTM, 20 heures.

 


 

Mercredi 11 octobre 1989 (225)

 

Les piques de la Mirandolina

 

Curieuse, la carrière de la Locandiera, de Goldoni. Longtemps considérée comme l'une des oeuvres les plus insouciantes du grand Vénitien - il est l'un des protagonistes, avec Vivaldi, du Rouge Venise, le film d'Etienne Périer, et si on leur ajoute Véronèse, ils sont les trois artistes qui ont le mieux incarné, c'est vrai, l'esprit de la Cité des Doges -, elle est en train de prendre un autre profil, et de virer à la comédie de moeurs, voire au drame social. Et cela, sans interprétation abusive. Tout du contraire! C'est que Carlo Goldoni, ce contemporain parfait du XVIIIe siècle - il naquit en l'an + 7, en 17O7, et mourut en l'an - 7, en 1793 - incarne à lui seul une mutation profonde de tout le théâtre occidental. Héritier de la commedia dell'arte, donc dépositaire des codes et des conventions de ce type de spectacle qui fonctionnait par variations sur des scénarios transmis le plus souvent oralement, il y introduisit insensiblement des éléments de réalisme de plus en plus précis, et des notations psychologiques de plus en plus subtiles.

                            

                      «La Locandiera», FR 3, 20 h 35.

 


 

Lundi 30 octobre 1989 (237)

 

GRILLES SUR LE GRIL

 

Une bonne émission doit être comme une comédie: d'abord bien distribuée. Et, vendredi, chez Pivot, autour de dame Vérité, qui ne se laisse jamais déshabiller jusqu'au bout, les prétendants étaient au complet. Dans cet Apostrophes (A 2), il y avait le joyeux triangle formé par la droite déhanchée (d'Ormesson, avec François Sureau dans son ombre), la gauche responsabilisée (Lacouture, plus matois que jamais), et le centre échevelé (l'adjectif est de Kahn lui-même, ce doit être un effet de calvitie), et puis les deux pôles constitués par les jeunes enquêteurs qui ne doutent pas un instant de leur mission (ils ont fait un livre sur Touvier qui apparemment jette un froid) et l'ancien commis saisi par la fantaisie qui, revenu de partout, n'est plus chez lui que dans l'imaginaire, le délicieux et inquiétant Jean-François Deniau.

                                           

                                      Apostrophes : Pivot A2

 

 

 


 

La dernière d'Apostrophes  ; 22 juin 1990 Extrait

Mardi 28 novembre 1989 (250)

 

Pas si petit, le Petiniot !

 

Parmi les comédiens belges, il y a quelques francs-tireurs qui, dès qu'ils apparaissent sur une scène, y font irruption avec leur univers en bandoulière. Sans être exhaustif, un Marcel Dossogne, un Christian Maillet, font partie de cette famille. Et Jean-Marie Petiniot est de ceux-là. Il a été, sur ce terrain, au bout de son mouvement, en se lançant dans le one man show. Il y a quelques semaines, il excellait dans un Ghelderode où il reconstituait, à s'y méprendre, la diction de l'ermite de la rue Lefrancq. Mais, avant cela, il avait éclaté dans Salut Lenny!, un spectacle conçu avec Guy Pion et qu'il a promené un peu partout avec un succès triomphal, avant d'être «mis en boîte» pour la télé. Le modèle, le Lenny du titre, c'est évidemment Lenny Bruce, ce cabaretier américain qui considérait son art comme une tauromachie, et qui y laissa d'ailleurs sa peau. Dustin Hoffman avait déjà prêté ses traits à ce kamikaze du baratin, ce pourfendeur de l'Amérique profonde dont il exhumait et exhibait les monstres immergés ou non.

 

                      «Théâtre-club: Lenny Bruce», RTBF 1, 23 h 03.

 


 

Mercredi 18 mai 1983

 

Triomphant à Forest National, David Bowie a entamé à Bruxelles sa tournée européenne

 

Lundi 04 septembre 1989 (214)

 

La der des der de Pivot ? Voire!

 

Une petite phrase digne d'un ténor politique, jetée négligemment - en apparence - après l'indicatif de Rachmaninov qui ouvre traditionnellement Apostrophes (parce que ça rime?), et le monde de la télé et du livre sont en ébullition. C'est la quinzième et autant vous le dire tout de suite, ce sera dernière, a dit Pivot de cette «nouvelle rentrée littéraire». Voulait-il signifier par là qu'il n'y aurait plus de saison romanesque l'an prochain? Non, bien sûr, il annonçait simplement que l'on ne le retrouverait pas au rendez-vous du vendredi soir dans douze mois. Mais, d'une certaine façon, cela ne revient-il pas au même?
Car Apostrophes, pour plagier un auteur qui n'en fut jamais,

 

                                    Apostrophes : Pivot A2

 

 

 


 

La dernière d'Apostrophes  ; 22 juin 1990 Extrait

 
 
 
 

Samedi 13 janvier 1990 (273)

 

Peter Brook, éternel wonderboy

 

On le savait le wonderboy de la mise en scène en Angleterre, puisqu'il était à peine issu du théâtre universitaire - à Oxford, comme il se doit - qu'il faisait déjà ses débuts, à 22 ans, dans le haut lieu par excellence du théâtre britannique, à Stratford, berceau du Grand Will. Mais sa vocation était bien plus précoce, puisqu'elle lui vint à l'âge de 7 ans, lorsqu'on lui offrit un théâtre de marionnettes. Le jour même, il y avait déjà réalisé une version personnelle de Hamlet, qu'il n'eut de cesse de reprendre, face à sa famille, après la mort du héros, parce que, disait-il, des idées nouvelles s'étaient imposées à lui en cours de représentation...

 

«Art 21: Peter Brook, metteur en scène», Télé 21, 20 heures.

 

Samedi 20 janvier 1990 (276)

Emmanuel et son accordéon

 

A la maison, il voyait reposer, dans une caisse, l'accordéon dont jouait de moins en moins souvent son père. Un jour, il a enfilé les bretelles de ce piano presque aussi lourd que lui, il avait sept ans et demi à l'époque, et il s'est mis à presser les touches, sur le clavier de droite, sur celui de gauche, puis des deux côtés ensemble. Le soufflet était lourd lui aussi, mais il est arrivé à extraire de cet engin des sons qui ressemblaient de plus en plus à ceux qu'il avait entendu émettre sous les doigts paternels.

                               Jeunes solistes, RTBF 1, 13 h 30.

 

Samedi 30 janvier 1990 (281)

 

GRILLES SUR LE GRIL

 

 

 

 

 

Lunettes noires pour nuits blanches Générique Ardisson

Jeudi 08 mars 1990 (302)

 

Le soleil en face

«Les Innocents», A 2, 21 h 40.

Mardi 13 mars 1990 (305)

 

Soupault, le dernier surréaliste, avait vu juste avant tout le monde

 

 

 

 

 

 

 

Long entretien entre Bernard PIVOT et Philippe SOUPAULT, jeune poète de 83 ans - Ah vous écrivez 01 août 1980

Vendredi 16 mars 1990 (309)

 

William Cliff fredonne la balade de Conrad Detrez

 

 

 

 

 

 

 

«Apostrophes», A 2, 21 h 30.

Jeudi 22 mars 1990 (312) En planant avec Saint-Ex Libris

Jeudi 22 mars 1990 (312)

 

En planant avec Saint-Ex Libris

«Ex Libris», A2, 22 h 15.

Lundi 02 avril 1990 (316)

 

Dites-moi, Françoise...(interview Sagan)

 

«Qu'avez-vous fait de vos vingt ans?», A2, 22 h 25.

Mardi 03 avril 1990 (317)

 

La télé frappe les 4 coups

 

«Théâtre-Club», Télé 21, 22 h 10.

Vendredi 13 avril 1990 (326)

 

L'affaire Barabbas

 

«Barabbas», RTBF 1, 20 h 10.

Samedi 14 avril 1990 (328)

 

Floralies sartriennes

 

Mercredi 02 mai 1990 (338)

Le Théâtre de la Colline et les Mathurins triomphent aux Molière à Paris

 

«La nuit des Molière»: Antenne 2.

Vendredi 11 mai 1990 (349)

 

«Frances» et «Fat City»: l'envers du rêve américain

 

«Frances»: RTBF 1, 20 h 25; «Fat City», A2, 23 h 15

Samedi 19 mai 1990 (351)

 

Grilles sur gril

 

«Sexy Cannes» (A 2), André Halimi

Mardi 22 mai 1990 (352)

 

Grilles sur gril

 

«Champs-Elysées» sur la Deux

Vendredi 22 juin 1990 (369)

Après dix-sept ans de loyaux débats, «Apostrophes» stoppe

 

«Apostrophes»: A2, TV5, 20 h 40.

Vendredi 22 juin 1990 (370)

 

GRILLES SUR LE GRIL : La Der d'Apostrophes

 

«Apostrophes»: A2

Lundi 5 septembre 1988 (4)
GRILLES SUR LE GRIL
 

Chabrol avait, dans les années cinquante, écrit un essai sur Hitchcock, et n'eut de cesse, depuis, de mettre ses pas dans ceux du grand Hitch'. N'y étant jamais parvenu au cinéma, il se rabat maintenant sur la forme brève, celle où le maître excellait également, peaufinant des mini-suspenses qui valaient bien la puissance de suggestion des longs métrages.
Chabrol s'est-il hissé, avec la série des «Sueurs froides», au niveau de son modèle ?

 

Vendredi 9 septembre 1988 (8)

 

Les clins d'oeil de Tom Wolfe

Il apparaît dans le lobby de cet hôtel de la rue Jean Goujon, à deux pas des studios d'Antenne 2 où il rencontrera Bernard Pivot ce soir, et l'on croirait un personnage de western. Le barbier-dandy, ou le pianiste du saloon, celui qui joue sublimement Scott Joplin. Son costume trois pièces - veston cintré, gilet serré, pantalon au pli impeccable - est couleur champagne. Son visage est étonnamment juvénile, ses joues sont rosées comme on le voit aux scholars sur les campus de la Nouvelle Angleterre...  

 

«Apostrophes», A. 2, 21 h 35.

 

Vendredi 14 octobre 1988 (28)

Le trac des quatre as

Grande première ce soir : Le Bonheur d'en face  est la première sit-com à la belge. Une série comique avec Annie Cordy pour figure de proue et, dans les rôles principaux, quatre comédiens belges qu'un vaste public va enfin apprendre à connaître. L'homme de la situation (comedy)? Alain Leempoel! QUATRE comédiens belges vont se payer ce soir le trac de leur vie. Un trac qui n'a rien de commun avec celui qu'ils éprouvent au théâtre. C'est que, cette fois, ce n'est pas aux spectateurs d'une salle qu'ils vont s'adresser, mais au public innombrable et anonyme d'une série télévisée.

 

 


 

Mercredi 5 octobre 1988 (21)

 

Jacques Duquesne, le père de Maria

 

Jacques Duquesne est un auteur comblé. Son roman Maria Vandamme ne lui a valu que des satisfactions depuis sa parution. Excellent accueil public d'emblée, prix Interallié en guise de confirmation après ce premier succès, des tirages plus que réjouissants, y compris en poche et en édition club, et aujourd'hui la série télévisée, qui va encore renforcer cette marche triomphale. Et tout ça pour un métier du dimanche, dit Jacques Duquesne qui, journaliste et chargé de hautes responsabilités au Point, n'écrit que dans ses moments perdus.

 

Maria Vandamme, R.T.B.F. 1, 20 h 05.
 

Lundi 14 novembre 1988 (42)

 

Genève : l'Europe élit ses scénaristes

L'Europe de la culture, celle dont Jean Monnet disait qu'il aurait aimé qu'elle eût été la première, est en train de sortir des limbes. François Mitterrand, en accompagnant la dépouille de Jean Monnet au Panthéon, insista beaucoup sur l'urgence de son émergence. Et on ne peut pas dire que les bonnes volontés manquent pour conférer cette dimension essentielle à l'intégration du vieux continent qui se prépare une nouvelle jouvence. Dans l'audiovisuel, ça bouge un peu partout. Jeudi dernier, tandis qu'à Bruxelles, au Conseil des ministres de la Communauté, Ettore Scola et Claude Brulé présentaient la charte de Delphes et ses recommandations aux gouvernants afin qu'ils ne laissent pas asphyxier le cinéma et l'audiovisuel européens, à Liège, on se penchait sur le projet «David», l'une des émanations les plus opportunes de l'Année européenne du cinéma et de la télévision, et qui vise à défendre les petits pays contre le véritable ethnocide que représenterait la paralysie de leurs industries cinématographiques - souvent très démunies d'ailleurs - face aux grands producteurs.

«Soirée du prix de Genève-Europe 88», Télé 21, 20 h 05.
 

Samedi 19 novembre 1988 (48)

 

Ionesco, le vieil enfant

 

Ionesco, keseksa? Un must sur le parcours des tours-opérateurs parisiens qui proposent aux voyageurs une représentation de La Cantatrice chauve, à l'affiche de la Huchette depuis plus de trente ans? L'inventeur du Rhinocéros que l'Académie française coiffa d'un bicorne? Avec Cioran, l'un de ces deux Roumains de Paris qui apportèrent aux lettres françaises la redynamisation de l'écriture moraliste décapante pour l'un, une libération radicale de la dramaturgie pour l'autre? 

 

«Au-delà des mots: Eugène Ionesco», F.R. 3, 23 h 40.

 

Lundi 21 novembre 1988 (49)

L'audiovisuel et le théâtre : un rendez-vous au Botanique

 

D'un côté, une activité théâtrale d'une diversité, d'une richesse, d'une qualité uniques en Europe. La Communauté française de Belgique produit, en effet, sur un territoire équivalent à deux ou trois départements métropolitains, à peu près dix fois plus de spectacles dramatiques que ce qui se crée, pour une population équivalente, en décentralisation française. Il est même des périodes où ce qui se fait à Bruxelles et en Wallonie dépasse en audace, en invention, en originalité, en finition, ce qui est proposé à Paris. C'est le cas pour le moment, malgré le Festival d'Automne. Nous sommes une terre d'élection du théâtre en Europe, c'est l'évidence. .

 

 

 


 

Mardi 10 janvier 1989 (81)

 

Tanner for President !

 

Il a la dégaine, la caravane, l'entourage, le brushing, le sourire, les tics d'un candidat. Mais il n'est pas un candidat, plutôt un comédien qui, cette fois, reste dans son rôle. Pour permettre à Robert Altman de réaliser une docu-comédie qui est déjà un classique.

LA course à la présidence des Etats-Unis, l'an passé, comptait dans les rangs démocrates un passager clandestin. Il avait la dégaine d'un candidat, la caravane d'un candidat, l'entourage d'un candidat, les tics d'un candidat, mais il n'était pas candidat. Il avait été envoyé dans la compétition par une équipe de télévision menée par Robert Altman. Il participa à la campagne durant quelques primaires, rencontra des électeurs, devisa avec d'autres hommes politiques, reçut même les conseils d'un «recalé», Gary Hart en l'occurrence.

 

 

 


 

Jeudi 5 janvier 1989 (79)

GRILLES SUR LE GRIL

 

L'élémentaire modestie exigerait que l'on ait le triomphe discret. Mais sans la liberté de louer, il n'est pas de blâme vengeur. Si d'aventure un prochain Ecran Soir devait déchoir, il passerait un mauvais moment sur le gril dans la mesure même où cette première peut servir d'étalon. En attendant, voici une jolie réussite, tant sur le plan journalistique que télévisuel.

Après Les Ripoux, toutes les craintes étaient permises que le spectacle paraisse tiède et compassé: le contraire fut vrai. En tête de distribution, Louis Tobback valait bien Philippe Noiret: s'il l'avait pu, il serait monté d'un cran dans la bousculade des convenances. Sa tirade sur le respect trop catholique des hiérarchies valait son pesant de sociologie polémique et savoureuse. A lui seul, il justifiait l'entreprise: avec des mandataires publics aussi prêts à mettre les cartes sur la table, la télévision trouve pleinement son rôle de forum démocratique.

 

 

 


 

Lundi 23 janvier 1989 (86)

 

A l'antenne, deux Jacques

 

«Ceci n'est pas une émission politique», disent en choeur Jacques Delors et Jacques Chancel. Mais leur «Grand Échiquier», ce soir, à Bruxelles, réunit Amilia Rodriguez et Felipe Gonzalez, Yves Simon et Simone Veil. Pour une émission qu'ils veulent «instructive, passionnante et divertissante».

Même le plus clément des hivers n'aura pas eu raison du scepticisme météorologique des gens de télévision. Non, le «Grand Échiquier» n'aura pas pour cadre, ce soir, la Grand-Place de Bruxelles. Et pourtant, Jacques Chancel ne cache pas qu'il en rêvait. L'émission que nous avons faite à Budapest, dit-il, nous l'avons enregistrée en plein air, depuis la citadelle de la ville, mais ça a été l'enfer. On a eu trois jours de pluie pendant les préparations. Elle n'a vraiment cessé que pendant l'«Échiquier» lui-même. Nous n'avons pas voulu courir ce risque... Même si les façades de la Grand-Place nous manquent beaucoup. Résultat: la grande salle du Palais des Beaux-Arts sera le théâtre du spectacle que les deux Jacques ont concocté pour ouvrir l'année 89, celle de la mise en place de la nouvelle commission européenne qui doit conduire la Communauté au seuil du Marché unique.

«Le Grand Échiquier», Antenne 2, 20 h 35.

 

 


 

Mercredi 1er février 1989 (87)

 

La mise sur orbite de V.T.M. : fulgurante

 

La «mise en boîte» pratiquement en temps réel (un peu plus de trois heures, avec deux interruptions seulement, et une unique reprise) d'une émission de variétés de qualité exceptionnelle, c'est ce à quoi ont pu assister les 1.200 invités de la mise sur orbite de V.T.M., la chaîne privée flamande, samedi soir, à Ostende. Le résultat de ce show sans précédent en Belgique, les abonnés au câble en Flandre et à Bruxelles (les Fouronnais aussi) pourront y assister ce soir, s'ils décident de juger enfin sur pièce cette station nouvelle dont on leur fait miroiter les séductions depuis des semaines.

C'est du grand spectacle, indéniablement, que les techniciens ont réussi haut la main. L'alternance de plans, les éclairages, sont dignes des «clips» les plus sophistiqués qui, eux, nécessitent des journées de mise au point pour quelques minutes. Les spectateurs réunis dans la grande salle du Kursaal ont, sur ce point, été moins gâtés que les journalistes, privés du face-à-face avec les artistes, mais en mesure d'apprécier immédiatement le travail de réalisation.

 

 

 

 


 

Mercredi 8 février 1989 (91)

 

Un peintre nommé Tigy Simenon

 

A la veille de l'été 1985, à Porquerolles, le 18 juin exactement, s'éteignait un vieille dame très digne. Elle aurait eu 85 ans le lendemain de son enterrement, qui eut lieu le 26 juin. Elle s'appelait Régine Renchon, et avait été Madame Simenon de 1923 à 1949. Peintre, elle avait partagé les années de bohème du père de Maigret, ses années d'apprentissage aussi, et lui avait donné un fils, Marc, le cinéaste. L'épouse de ce dernier, Mylène Demongeot, dira de sa «Mamiche»: C'était une femme d'une dignité et d'une discrétion infinies. Je l'ai côtoyée pendant dix-huit ans et jamais une fois, ou si rarement, n'est sortie de sa bouche une phrase amère ou revancharde. C'était une femme sensationnelle, et je l'adorais.

 

«Ex-libris», T.F.1, 22 h 30.

 

 


 

Mardi 14 février 1989 (97)

 

La carte du féroce de Denys Arcand

 

Jamais le cinéma québecois n'avait cartonné comme ça: tous les records de fréquentation battus dans la Belle Province, mais aussi un peu partout dans le monde, dans des pays qui, quelquefois, n'avaient jamais accueilli de film canadien français sur leurs écrans. Seule ombre au tableau: Le Déclin de l'empire américain, donné pour grand favori de l'Oscar du meilleur film «étranger» 1987, fut battu sur le fil par un film hollandais, L'Attentat, de Fons Rademaekers. La défaite fut vécue à Montréal et à Québec comme deuil national, mais n'interrompit nullement la marche triomphale du Déclin.

Comment expliquer que cette description des préparatifs et du déroulement d'une virée entre universitaires québécois qui passent ensemble fin d'après-midi et soirée dans la lumière rousse des bord du lac Memphrémagog en plein été indien, ait pu rencontrer un tel écho de par le monde? Sans doute parce qu'on nous fait le portrait (im)pertinent d'une certaine moyenne-bourgeoisie intellectualisante d'aujourd'hui, telle qu'elle se rencontre sur tous les campus du monde occidental.

 

«Le Déclin de l'empire américain», R.T.L./TVi, 20 h 10.

 

 


 

Jeudi 16 février 1989 (99)

 

Prise à la gorge, Liège vendrait son Picasso !

 

S'il faut passer par là, évitons les faux pas!

 

Le choix est douloureux, cela va sans dire. Comme lorsque, pour payer les études des petits-enfants, leur aïeule doit vendre ses bijoux de famille. N'empêche que si elle ne le faisait pas, ils ne pourraient affronter l'avenir avec le même bagage, et confirmeraient la misère d'où, justement, on voudrait les extraire. Peu importe alors de savoir si ce sont les erreurs et les négligences passées qui expliquent la détresse d'aujourd'hui. La question est de s'en sortir ou pas. Comparaison n'est pas raison, cependant. Parce que la situation de la culture, dans nos grandes agglomérations, est réellement catastrophique, parce qu'elle est coincée dans la contradiction qui oppose les chiffres exorbitants qu'atteignent les oeuvres d'art sur le marché de la spéculation internationale - et qui empêche nos musées, c'est-à-dire nos richesses communes, de se développer - et la modicité lamentable des moyens dont la politique culturelle dispose aujourd'hui. Alors, pourquoi, en effet, ne pas tirer profit de cette contradiction plutôt que de s'y laisser enfermer? L'idée est provocatrice, perturbante, mais pas à rejeter d'office pour autant.

 

 

 


 

Vendredi 3 mars 1989 (109)

 

Liège: plus de vente du Picasso,

mais le débat débute seulement !

 

L'échevin de la Culture de Liège, M. Magotte, a donc tranché. Allant jusqu'à dire qu'il n'avait jamais envisagé de mettre en vente La famille Soler de Picasso, ni aucune autre oeuvre des collections du musée, reportant la responsabilité de l'idée sur la Communauté française - comme s'il y avait un mal quelconque à concevoir une solution, à penser hors des sentiers battus -, il a laissé entendre que la ville ne se déferait pas du précieux tableau. L'affaire est-elle close pour autant? Loin de là! D'une part, elle a suscité suffisamment d'émotion pour qu'on revienne sur le débat qui s'est esquissé à son propos. De l'autre, elle laisse entier le problème de la politique culturelle à Liège et ailleurs. A voir les menaces de largage de ses théâtres municipaux par la ville de Bruxelles, on ne peut que pressentir que la capitale n'est pas à l'abri des difficultés dans lesquelles se débat la Cité ardente.

Les réactions se sont multipliées. La classe des Beaux-Arts de l'Académie royale - la Thérésienne - qui compte parmi ses membres quelques-uns des meilleurs plasticiens belges (Baugniet, Bertrand, Caille, Cordier, Crommelynck, Dasnoy, Delahaut, Delvaux, Dudant, Landuyt, Lismonde, Madlener, Marchoul, Moeschal, Ransy, Strebelle, Willequet) a publié une motion. Elle se demande avec anxiété jusqu'à quelles extrémités les restrictions financières des provinces et des villes conduiront ces dernières, et craint de voir sa vie culturelle, dont elles sont responsables et à laquelle elles participent largement, s'étioler davantage, avec d'irréparables dégâts

 

 

 


 

Samedi 25 mars 1989 (118)

 

Les dix heures de Claudel

 

«Ecoutez bien, ne toussez pas et essayez de comprendre un peu. C'est ce que vous ne comprendrez pas qui est le plus beau. C'est ce qui est le plus long qui est le plus intéressant. Et c'est ce que vous ne trouverez pas amusant qui est le plus drôle.» Chapeau, le chapeau! Il n'est pas de nous, mais de Claudel lui-même. C'est à Rio, en 1919, que l'idée lui est venue. A Copenhague qu'il lui a consacré les deux premières années de sa réalisation. A Tokyo qu'il poursuivit son entreprise, avec cet inconvénient que le troisième volet de l'ouvrage fut, avec toute l'ambassade d'ailleurs, anéanti par le tremblement de terre de 1923. Il est en poste à Washington, en 1929, lorsque le livre paraît. Mais il faudra attendre 1943 pour que Le Soulier de satin soit pour la première fois porté à la scène. Paul Claudel a septante-cinq ans. Jean-Louis Barrault est à la base de cette création. Barrault à qui, quarante-cinq ans plus tard, Antoine Vitez rendra hommage lorsqu'il sera, lui, le premier à mettre la totalité du Soulier en scène:

 

 

L'intégrale du Soulier de satin, enregistrée lors des représentations du spectacle Théâtre national de Chaillot au Théâtre national de Belgique, à Bruxelles, en janvier 1988. F.R. 3, de 12 à 14 heures, de 14 h 15 à 19 heures, et de 20 à 23 heures.

 

 


 

Mardi 2 janvier 1990 (265)

Crommelynck, cet écorché

 

A l'occasion du centenaire de Crommelynck, Henri Ronse avait monté l'intégrale de son œuvre, avec le concours de la RTBF pour Le Sculpteur de masques.

Diffusion, vite fait tout arrive, même que la télévision rende compte, voire participe à une entreprise théâtrale de haut vol. Il n'est pas dit que cela se répétera avant longtemps: l'état de délabrement de la RTBF ne permet pas de l'augurer. Raison de plus pour ne pas manquer ce Sculpteur de masques, de Fernand Crommelynck: la mise en scène théâtrale est d'Henri Ronse, la transposition pour le petit écran de Jean-Louis Colmant. Selon sa bonne tradition de programmation au pied levé de ses productions les plus ambitieuses, la Une nous annonce cela pour les lendemains des agapes de la Saint-Sylvestre sans crier gare. Et, après, on invoquera l'audimat pour démontrer que ce genre d'émission ne fait pas d'audience. Et exit le théâtre des grilles jusqu'à la prochaine embellie, qui n'est pas pour demain...

 

«Théâtre club: Le Sculpteur de masques», Télé 21, 22 heures.

 

Vendredi 7 septembre 1990(406)

GRILLES SUR LE GRIL

Quarante ans de présence sur le petit écran ont-ils modifié la nature de la littérature?

 

Lundi 17 septembre 1990(410)

GRILLES SUR LE GRIL

En lançant ses «Caractères» (A 2), Bernard Rapp s'est payé vendredi soir le trac de sa vie.

 

Lundi 15 octobre 1990(427)

Monsieur Halliday à Forest-National

Le cru et le cuir: la messe à Johnny

 

Caractères : A2, TV5, 20 h 40.

Lundi 15 octobre 1990 (428)

GRILLES SUR LE GRIL

Le club que réunissait  Bernard Rapp

 

Lundi 26 novembre 1990 (448)

GRILLES SUR LE GRIL

Il n'a pas fallu longtemps pour que Bernard Pivot, sorti d'«Apostrophes» par la porte, rentre dans «Caractères» (A 2) par la fenêtre

 

Caractères : A2, , 20 h 40.

Mardi 18 décembre 1990 (459)

GRILLES SUR LE GRIL

AUDIOVISUEL EN BELGIQUE : DEBATS VALMY