Luc De Decker , autoportrait 

Jacques & Armand De Decker

Mme Luc De Decker

 
L’ADIEU A ARMAND

 

C’était un grand monsieur et c’était mon p’tit frère.

Je l’ai vu sur la plage élever des châteaux,

J’ai joué avec lui même aux jeux de la guerre

Qui allaient bien plus tard devenir son fardeau.

 

Il était si gentil, un futur gentilhomme,

Il le resterait trop, se refusant de voir

Sous les masques la ruse, ignorant que les hommes

Ne sont pas tous autant dévoués au devoir.

 

Je regrette qu’il ait découvert l’amertume

Sur sa fin de parcours, perdu des illusions

Qui n’étaient pas chez lui des images de brume,

Mais de fiers objectifs, de vastes visions.

 

Hij heeft tot zijn verdriet tenslotte moeten weten

Hoe trouw, begrip, vriendschap niet overheersend zijn,

Maar dat andere krachten over de wereld heersen

Die jammer tot niets anders uitmonden dan pijn.

 

Armand, verfranste vorm van je voornaam Herman,

Je bent je hele leven een krijger willen blijven,

Maar niet door strijd gedreven, wel als man

Door vrede, dialoog en overeenstemming bezield.

 

Cela ne t’a valu, au déclin de ton ère,

Que déception, regret, sentiment d’abandon,

Exil d’un mouvement au slogan qui libère

Mais qui en son noyau n’est rien qu’une prison. 

 

Tu n’as hélas pas eu la grâce d’être père,

Des enfants auraient pu relayer ta colère.

 

Quant à notre maman, sache qu’elle t’attend,

Demain elle aurait pu célébrer ses cent ans.

 

Uccle, 20 juin 2019

Jacques De Decker 

 

©2013-2019  Jacques De  Decker